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Guide·8 min

Plateforme d’agents IA : 7 critères pour choisir

Où sont vos données, qui voit quoi, qui valide quoi : les 7 questions à poser avant de choisir une plateforme d’agents, et la preuve à demander.

par Zakaria Saksiki · Directeur général, co-fondateur
Sommaire

Toutes les démonstrations d’agents se ressemblent : une question, une réponse fluide, une action exécutée en quelques secondes. Ce qui distingue une plateforme d’une autre ne se voit pas dans une démo. Cela se voit le jour où un agent lit un document qu’il n’aurait pas dû lire, envoie un email sans validation, ou quand votre DPO demande où sont passées les données. Ce guide rassemble les sept questions que nous poserions à n’importe quel fournisseur, nous compris, et la preuve à demander pour chacune.

Assistant, constructeur d’agents, plateforme : de quoi parle-t-on ?

Trois familles d’outils se présentent aujourd’hui sous le même mot d’« agent ». Les distinguer évite de comparer des choses qui ne jouent pas le même rôle.

  • Un assistant conversationnel répond aux questions d’une personne, à partir de ce qu’elle lui donne ou de quelques sources connectées. Il aide individuellement, mais n’exécute pas de processus pour l’équipe.
  • Un constructeur d’agents permet d’assembler des agents : des instructions, des outils, parfois un enchaînement d’étapes. Il est souvent pensé pour des équipes techniques, et laisse à votre charge la gouvernance, la traçabilité et les droits d’accès.
  • Une plateforme d’agents réunit les données de l’entreprise, les agents, les validations et la traçabilité dans un même cadre, partagé par plusieurs équipes. C’est ce qu’il faut quand des agents agissent au nom de l’entreprise, sur des données qui ne sont pas toutes accessibles à tous.

Les critères qui suivent s’adressent surtout à ce troisième cas. Si vous cherchez un assistant pour quelques personnes, plusieurs d’entre eux restent utiles, en particulier les deux premiers.

Les 7 critères

1. Où sont vos données ?

La question ne s’arrête pas à l’hébergement de la plateforme. Vos documents, leurs sauvegardes, l’index, les journaux et les appels aux modèles peuvent vivre à des endroits différents, chez des sous-traitants différents. Demandez où se trouve chacun de ces éléments, si vos données servent à entraîner des modèles, combien de temps elles sont conservées, et ce qui se passe quand vous retirez un document d’une source.

2. Qui voit quoi ?

Un agent connecté à votre drive ou à votre CRM ne doit pas voir plus que la personne qui l’utilise. La plateforme doit reprendre les droits d’accès de chaque source, et les appliquer au moment où l’agent cherche, pas seulement au moment où il répond. Demandez comment un changement de droits dans la source se répercute, et si les accès aux données sont journalisés.

3. Qui valide quoi ?

Lire et résumer est une chose ; envoyer un email à un client, modifier une fiche ou déclencher un paiement en est une autre. Une plateforme sérieuse permet de définir quelles actions exigent une validation humaine, par qui, et avec quelles limites. Une action soumise à validation doit s’arrêter et attendre, pas s’exécuter en envoyant une notification après coup.

4. Qu’est-ce qui est tracé ?

Quand un agent se trompe, il faut pouvoir reconstituer ce qu’il a fait : la demande, les sources lues, les étapes, les outils appelés, les validations et le résultat. Sans cette trace, une erreur reste une énigme et la confiance ne revient pas. Demandez à voir la trace d’une exécution réelle, et comment elle s’exporte vers vos propres outils d’audit.

5. Quels modèles ?

Les modèles évoluent vite, et votre politique en la matière aussi. Vérifiez que vous pouvez choisir les fournisseurs de modèles que vous approuvez, en changer sans tout reconstruire, et que les données personnelles sont traitées avant d’être envoyées à un modèle. Méfiez-vous d’une plateforme qui dépend d’un seul fournisseur sans le dire.

6. Quels outils ?

Un agent n’est utile que s’il atteint les outils où se fait le travail : messagerie, CRM, support, stockage, logiciels métiers. Faites la liste de vos outils et demandez, pour chacun, si la plateforme sait lire, écrire, ou les deux, et au nom de qui l’action est faite. Une intégration qui agit avec un compte technique aux droits étendus contourne tout ce que vous avez réglé au critère 2.

7. Comment on repart ?

La réversibilité se négocie à l’entrée, pas à la sortie. Demandez ce que vous pouvez exporter (agents, configurations, traces), dans quel format, et dans quel délai vos données sont supprimées à la fin du contrat. Une plateforme qui répond clairement à cette question a généralement réfléchi aux six autres.

La grille : question à poser, preuve à demander

Une réponse orale ne suffit pas. Pour chaque critère, voici la preuve qui permet de vérifier ce qu’on vous dit.

CritèreQuestion à poserPreuve à demander
Où sont vos donnéesOù sont hébergés les documents, l’index, les sauvegardes et les journaux ? Servent-ils à entraîner des modèles ?DPA, liste des sous-traitants avec leur localisation, engagement contractuel sur l’entraînement
Qui voit quoiLes droits de chaque source sont-ils appliqués au moment de la recherche ?Un test : deux utilisateurs aux droits différents posent la même question
Qui valide quoiQuelles actions peuvent exiger une validation, et l’agent attend-il vraiment ?Une démonstration d’une action bloquée jusqu’à validation
Ce qui est tracéQue contient la trace d’une exécution, et comment s’exporte-t-elle ?La trace complète d’une exécution réelle
Quels modèlesPuis-je choisir et changer de fournisseur de modèles ? Que devient une donnée personnelle avant l’appel ?La liste des fournisseurs pris en charge et la description du traitement des données personnelles
Quels outilsPour chacun de mes outils : lecture, écriture, et au nom de qui ?La liste des connecteurs disponibles et leur mode d’authentification
Comment on repartQue puis-je exporter, et quand mes données sont-elles supprimées ?La clause de réversibilité du contrat

Les pièges fréquents

  • Juger sur une démo préparée avec des données propres. Demandez un essai sur vos documents, avec leurs doublons, leurs scans et leurs versions contradictoires.
  • Confondre « nos serveurs sont en France » et « vos données restent en France ». Les appels aux modèles, les sauvegardes et le support peuvent passer ailleurs.
  • Oublier les droits d’accès. Un agent branché avec un compte administrateur voit tout, et le dira à qui le lui demande.
  • Brancher des actions en écriture avant d’avoir défini les validations. Commencez par la lecture, puis ouvrez l’écriture action par action.
  • Mesurer le succès au nombre d’agents créés. Ce qui compte, ce sont les tâches réellement faites, et le temps que vos équipes ne passent plus à les refaire.
  • Évaluer seul. Le métier, l’IT, la sécurité et le juridique ne regardent pas les mêmes critères ; réunissez-les dès la première démo.

Ce que nous répondons chez Scalt

Puisque nous posons ces questions aux autres, voici nos réponses, telles qu’elles figurent sur notre site et dans nos documents.

  • Données : la plateforme, vos documents et leurs sauvegardes sont hébergés en France. Vos données ne servent pas à entraîner les modèles. Un document retiré d’une source est purgé de l’index sous 24 heures, et les durées de conservation se règlent source par source.
  • Accès : chaque agent ne lit que ce qu’il a le droit de lire, selon les droits de vos sources. Les accès aux données sont limités et journalisés.
  • Validations et traces : vous définissez les étapes de validation ; une action soumise à validation s’arrête et attend votre accord. Chaque exécution est tracée dans Cases.
  • Modèles : vous choisissez les fournisseurs de modèles que vous approuvez. Les données personnelles sont anonymisées avant tout appel à un modèle.
  • Documents : le DPA, la liste des sous-traitants, le registre des traitements et la politique de sécurité sont disponibles sous NDA pour vos équipes.

Pour les connecteurs disponibles et les modalités de sortie, posez-nous la question en démo, avec votre liste d’outils : ce sont des points à vérifier chez tout fournisseur, nous compris.

Questions fréquentes

Un assistant conversationnel ne suffit-il pas ?

Pour aider quelques personnes à rédiger ou chercher, souvent si. Dès que des agents agissent pour une équipe, sur des données aux droits différents et avec des actions à valider, il faut une plateforme qui gère ces droits, ces validations et ces traces.

Un hébergement en France suffit-il pour le RGPD ?

Non. L’hébergement aide, mais le RGPD porte aussi sur la base légale du traitement, le contrat de sous-traitance, la liste des sous-traitants, la durée de conservation et les droits des personnes. Demandez le DPA et vérifiez où passent les appels aux modèles.

Faut-il nettoyer toutes ses données avant de commencer ?

Non. Commencez par un périmètre étroit : un usage, deux ou trois sources. Une plateforme qui contrôle les documents à l’entrée et met les documents douteux en quarantaine vous montre où sont les problèmes, au lieu de vous demander de les régler d’abord.

Peut-on changer de modèle en cours de route ?

Cela devrait être possible sans reconstruire vos agents. Vérifiez-le pendant l’évaluation : demandez à voir le même agent fonctionner avec deux fournisseurs de modèles différents.

Qui doit participer au choix ?

L’équipe métier qui portera le premier usage, l’IT pour les intégrations, la sécurité pour les accès et les traces, et le juridique ou le DPO pour les données personnelles et le contrat. Les réunir tôt évite de refaire l’évaluation.

Sources

  1. Règlement (UE) 2016/679 (RGPD), EUR-Lex
Pour aller plus loinSécurité et souveraineté : nos réponses, point par point
Auteur
Zakaria Saksiki
Directeur général, co-fondateur
Sa fiche sur la page À propos
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